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Trophée Jules Verne. Groupama 3

 
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MessagePosté le: Dim 18 Oct - 21:53 (2009)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3 Répondre en citant


Site officiel Groupama 3 : http://www.cammas-groupama.com/fr/index.jsp


Dernière édition par Admin le Sam 24 Oct - 23:06 (2009); édité 3 fois
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MessagePosté le: Dim 18 Oct - 21:53 (2009)    Sujet du message: Publicité
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MessagePosté le: Sam 24 Oct - 22:22 (2009)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3 Répondre en citant
Questions à Sylvain Mondon
(Météorologue et prévisioniste pour la sécurité en mer chez Météo France, Sylvain Mondon exerce sa science du routage depuis 1993)

Pour un tour du monde type Trophée Jules Verne, quelles sont les situations météorologiques les plus favorables ?
« L'objectif est d'attraper une dépression qui se forme sur le Brésil ! Pour ouvrir un passage au niveau de l'anticyclone de Sainte Hélène... C'est un peu en limite de ce que nous permettent d'anticiper nos outils météorologiques, mais on peut arriver à prévoir des situations plutôt favorables. En 2008 lors de la première tentative de Groupama 3, nous étions partis avec une première phase sur l'Atlantique Nord qui était moyennement bonne, tout en visant une traversée de l'Atlantique Sud assez rapide. Il faut donc se projeter à cinq-sept jours... en intégrant un routage relativement favorable jusqu'au Pot au Noir. »
Le temps de passage à l'équateur pour une première phase du parcours, est de combien de jours ?
« On ne s'est pas mis de limite pour que l'Atlantique Nord ne soit pas une condition impérative de départ, mais on cherche à atteindre l'équateur entre quatre jours et demi et six jours. »
Y a-t-il beaucoup de créneaux pendant l'hiver ?
« C'est difficile à quantifier précisément, mais la configuration favorable à Sainte Hélène est assez fréquente avec une famille de dépressions qui se succèdent à cette époque, à partir du mois d'octobre. C'est l'été au Brésil et il y a des masses d'air chaud qui se développent et forment des dépressions orageuses. Ce qui est moins fréquent, c'est la conjonction avec une situation aussi favorable sur l'Atlantique Nord... On peut estimer trois ou quatre opportunités de départ sur un hiver, entre octobre et mars. »
Quelles sont les parties du parcours les plus délicates à négocier ?
« L'Atlantique ! Pour la descente comme pour la remontée... Autant la descente peut être choisie, autant la remontée est incertaine. Mais il y a moyen d'anticiper les configurations qui se présenteront après le cap Horn. Et les caractéristiques de Groupama 3 sont plutôt favorables pour gérer ces situations météorologiques avec de nombreuses transitions dans du petit temps pour passer d'un système à l'autre. Ce n'est pas inquiétant dans la mesure où ce trimaran est extrêmement rapide dans les petits airs. »
L'état de la mer est aussi un paramètre important, autant que le vent ?
« À tous les niveaux d'un tour du monde ! La problématique dans le Grand Sud, est la rencontre de houles croisées de Sud-Ouest qui remontent en se superposant à des vagues d'Ouest à Nord-Ouest : ce n'est pas une situation propice aux grandes vitesses ! On va donc chercher à éviter ou à naviguer en bordure pour préserver le matériel en conservant des vitesses élevées sur le long terme. »
Y a-t-il des zones plus ou moins dangereuses ou à éviter sur un tour du monde ?
« Comme les prévisions atmosphériques, nous disposons de modèles de prévision des vagues en connaissant les zones de naissance des perturbations et leurs trajectoires : nous pouvons prédire l'état de la mer sachant comment sont les courants, où sont les zones de rencontre des trains de vagues en fonction du relief sous-marin. Mais au moment où se présente le bateau, ce peut ne pas être le cas, comme aux Kerguelen : on ne définit pas a priori des zones rouges, mais on en tient compte... Au fur et à mesure qu'on se rapproche d'une partie du parcours délicate, les choix de route deviennent en effet de moins en moins ouverts : en analysant sur sept à huit jours, on peut exclure certaines zones. Exactement comme les phénomènes atmosphériques, il faut les anticiper avant quatre jours. »
Par rapport au record d'Orange II, où Groupama 3 peut-il grappiller du temps ?
« D'un point de vue global, plus le départ est tôt en saison, plus l'enchaînement risque d'être favorable : pour le passage du Pot au Noir, pour les glaces, pour un front froid sur le final. Mais Groupama 3 n'aura jamais les mêmes conditions qu'Orange II et il est impossible d'un point de vue météorologique, de définir une probabilité d'améliorer le record. Il n'y a que la phase de départ jusqu'à l'équateur qui peut être déterminée avec suffisamment de précision pour gagner un ou deux jours. Même si Groupama 3 est plus véloce à certaines allures, on ne peut pas savoir quelle sera la situation aux mêmes passages. »
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MessagePosté le: Sam 24 Oct - 23:23 (2009)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3 Répondre en citant
Franck Cammas, skipper de Groupama 3

Quel bilan tirer de la saison 2009 depuis la remise à l'eau de Groupama 3 ?
« Nous avons pu beaucoup naviguer en particulier grâce à la Route des Filiales. Avec ces étapes en Méditerranée, différentes de ce que nous avions fait auparavant, nous avons appris à mieux le connaître sur des allures variées : c'était donc une bonne préparation de l'équipage pour le tour du monde. Et puis nous avons battu le record de la Méditerranée, avec des conditions musclées au départ de Marseille. Quant à l'Atlantique, nous avons tout de même mis neuf heures de moins que notre précédent record en exploitant de meilleure façon le formidable potentiel de Groupama 3. Nous allons partir mieux armer pour le Trophée Jules Verne. »

Le comportement du bateau est-il très différent par rapport à la version initiale de 2006 ?
« On a retrouvé Groupama 3 tel qu'il était avant le chavirage en termes de performance. Ce n'est jamais évident de refaire un trimaran au même poids et avec les qualités qu'il avait auparavant... Il y a moins de mouvements parasites sur les flotteurs qui sont désormais plus raides sur l'avant. Mais j'ai retrouvé les mêmes sensations : c'est un bateau complet, polyvalent, sain, pas forcément le plus rapide comme on a pu le voir cet été face à Banque Populaire V, mais il n'est jamais lent ! »

Il y a désormais un adversaire de taille pour le Trophée Jules Verne : Banque Populaire V sera-t-il plus rapide sur ce parcours autour du monde?
« Il y aura moins de différence de potentiel sur un tour du monde. Sur l'Atlantique, les conditions météorologiques favorisaient la puissance. Sur le Trophée Jules Verne, la vitesse pure est moins importante au-dessus de 35 noeuds, mais il va falloir bien naviguer et travailler la stratégie pour optimiser les trajectoires. »
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MessagePosté le: Mer 4 Nov - 16:14 (2009)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3 Répondre en citant
Groupama 3 en code vert (Trophée Jules Verne 2009 - 2010)

Alors que Groupama vient d'annoncer la reconduction de son partenariat avec le navigateur Franck Cammas jusqu'en 2015, le skipper annonce son passage en code vert. Cette couleur signifie que Groupama3, en stand by à Brest depuis le 1er novembre, s'élancera jeudi 5 novembre à la conquête du Trophée Jules Verne, record autour du monde à la voile.

50 jours et 16 heures : c'est le temps à battre pour s'adjuger le record du bateau à voile le plus rapide autour du monde, propriété depuis 2005 de Bruno Peyron à bord du maxi catamaran Orange 2.

Pour sa seconde tentative, Franck Cammas a composé un équipage de choc pour mener Groupama 3 dans un univers hostile et pourtant fascinant : « Le record à battre est très élevé. Pour y parvenir, outre un excellent bateau, il faut un équipage qui allie expérience, performance et solidarité. Il faut aussi avoir un partenaire fidèle et ambitieux, ce qui est le cas avec Groupama depuis douze ans maintenant. Le renouvellement de notre partenariat jusqu'en 2015 est une source de motivation supplémentaire pour leur rendre la confiance que Groupama m'accorde » déclare le skipper français.
Pour l'accompagner dans cette aventure autour du monde par les trois caps, l'on retrouve des fidèles du team Groupama : le suisse Stève Ravussin avec lequel il a déjà remporté deux transats Jacques Vabre, Fred Le Peutrec, Loïc Le Mignon, Ronan Le Goff ou encore Jacques Caraës. Mais aussi de nouveaux venus comme Lionel Lemonchois, vainqueur en titre de la Route du Rhum, Thomas Coville, recordman de l'Atlantique en solitaire, Stan Honey, navigateur américain vainqueur de la Volvo Ocean Race ou encore Bruno Jeanjean, champion du Monde de Match Racing.

Cet équipage de rêve prépare la tentative avec le plus grand sérieux depuis le début de l'année en ayant déjà parcouru 15.000 milles soit les deux tiers du tour du monde : « Nous nous connaissons bien, nous entendons bien et avons hâte d'y aller même si nous savons que ce sera difficile. Faire le tour du monde à la voile le plus vite possible, ce n'est pas commun. Il faudra aller vite sans faire souffrir Groupama 3, bien manoeuvrer. Et aussi choisir la meilleure route » ajoute le skipper.
En veille météo depuis une semaine, Franck Cammas, Stan Honey et Sylvain Mondon de Météo France apprécient la qualité de la fenêtre qui s'ouvre jeudi : « Le vent et la mer vont être forts au large de Brest avec 30 noeuds de vent et cinq mètres de creux. Ca peut bouger au début mais, à partir du cap Finisterre, le vent adonnera. Ensuite, l'enchaînement avec les alizés est favorable » écrivait hier par mail le skipper de Groupama 3 à ses neuf équipiers.
Une analyse confirmée par Sylvain Mondon qui accompagnera Groupama 3 durant sa tentative depuis son bureau de Météo France à Toulouse : « La fenêtre météo attendue pour la tentative de trophée Jules par Groupama 3 et son équipage n'est pas tout à fait classique pour ce genre de tentative. En effet en choisissant de s'élancer jeudi 5 novembre juste après le passage d'une zone de traîne active (nombreux grains avec fortes rafales) dans une mer encore très formée, Franck Cammas et ses hommes n'ont pas choisi la facilité. Car les forts vents de Nord-Ouest qui soufflent jusqu'à jeudi matin sur le golfe de Gascogne lèvent une mer grosse (creux supérieurs à 6m) aussi il conviendra d'être prudent.
Si Groupama 3 s'élance dans de telles conditions pour les premières 24h de mer c'est avant tout parce que les conditions attendues par la suite sont beaucoup plus favorables. Les alizés de Nord-Est seront notamment établis et réguliers jusqu'aux îles du Cap Vert. Cette configuration des alizés est très différente de ce qu'avait connu Groupama 3 en 2007 lors de sa précédente tentative puisque le maxi trimaran avait du composer avec de nombreux résidus orageux issus d'une dépression entre Canaries et Açores.

Pour ce qui est de l'Atlantique Sud, il est encore trop tôt pour avoir une idée précise de ce qui attend Franck Cammas et son équipage. Néanmoins les conditions de grande échelle peuvent être qualifiées de favorables avec des alizés de Sud-Est établis au sud de l'équateur et un Anticyclone de Ste Hélène attendu un peu plus proche de l'Afrique que de l'Amérique du sud ».

Présents ce soir à Brest pour un dernier dîner d'équipage, les dix hommes de Groupama 3 prévoient de quitter le quai du port du Château jeudi à 11h pour se présenter entre 16 et 17h sur la ligne de départ du Trophée Jules Verne devant le phare de Créac'h sur l'île d'Ouessant. 
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MessagePosté le: Jeu 5 Nov - 23:02 (2009)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3 Répondre en citant
Trophée Jules Verne 2009 - 2010: C'est parti !


16h 50' 22'' : Groupama 3 s'élance devant le phare de Créac'h (Ouessant Finistère) dans une bonne brise de Nord-Ouest et une mer formée. Franck Cammas et ses neuf équipiers doivent revenir après un tour du monde de plus de 24 000 milles, avant le 26 décembre au matin...

Ciel bourgeonnant, rafales, averses intermittentes, soleil couchant, grande houle atlantique, grains, vagues déferlantes : voilà le décor de ce nouveau départ à l'assaut du Trophée Jules Verne, le record autour du monde détenu par Bruno Peyron et son équipage en 2005 (50j 16h 20m). Groupama 3 quittait le ponton du port du Château à Brest ce jeudi 5 novembre à 13h devant un public chaleureux et les proches des équipiers venus les saluer jusqu'au phare du Petit Minou. Sous grand voile à deux ris et foc de brise, Groupama 3 larguait ensuite sa remorque à 14h00 et gagnait le large face à une houle qui prenait de l'ampleur... Le trimaran géant devait donc tirer quelques bords pour rallier le Nord de Ouessant avant de mettre en route le chronomètre à 15h 50' 22'' TU (16h 50'22'' heure française).

Entrée en matière musclée
Le vent de Nord-Ouest associé à la dépression qui est passée mercredi sur la Bretagne, était encore très actif : ce ciel de traîne avec ses cumulonimbus générait une brise de vingt à vingt-cinq noeuds avec des rafales à plus de trente-cinq noeuds... Mais surtout, la mer était dure à la sortie de la Manche avec près de sept mètres de creux au large ! Les conditions n'étaient donc pas optimales pour le départ, mais la suite du programme est très favorable, dès les côtes portugaises. Franck Cammas et ses neufs équipiers devraient donc affronter pendant une demi-journée des vents de travers, voire faire du près pendant quelques heures...

"Nous allons partir sous voilure réduite et naviguer vent de travers pour quitter le plateau continental. Puis ce vent de Nord-Ouest va basculer pendant trois heures à l'Ouest et nous devrons faire du près. Ce n'est pas la situation idéale pour partir, mais la fenêtre météo est assez favorable ensuite. En fait, dès demain vendredi midi, Groupama 3 devrait être déjà le long des côtes du Portugal. Là, nous allons toucher des vents de secteur Nord, puis Nord-Est qui s'installent jusqu'à l'archipel du Cap Vert." Indiquait Franck Cammas quelques minutes avant de quitter le ponton.

L'équipage ne semblait pas préoccupé par cette entrée en matière agitée : le fait de partir tôt en saison, de ne pas avoir eu à patienter pour attendre une "fenêtre de tir" favorable, juste après un stage préparatoire en montagne fin octobre, et de savoir que l'objectif du record fait aussi rentrer l'équipage avant Noël, rendait ce départ très serein. "On va se faire secouer à la sortie de la Manche, car il y a de la mer, mais cela est une bonne mise en jambe avant de glisser vers le Sud. Il va faire chaud dès ce week-end, nous serons à l'équateur en milieu de semaine et l'Atlantique Sud apparaît bien disposé pour qu'on le traverse rapidement" Précisait Lionel Lemonchois.

Groupama 3 doit donc recouper la ligne devant Ouessant avant le 26 décembre à 09h 09' 26'' (heure française)...
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MessagePosté le: Ven 6 Nov - 20:02 (2009)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3 Répondre en citant
Trophée Jules Verne 2009 - 2010: 1er Jour

Groupama 3 était vendredi midi au cap Finisterre :

Franck Cammas et ses neuf équipiers devaient donc cumuler en milieu d'après-midi, plus de 500 milles en 24 heures, ce qui restait une bonne moyenne pour cette première journée essentiellement négociée au vent de travers et au près. Les brises portantes le long des côtes portugaises devraient leur permettre de rapidement combler leur retard par rapport au temps de référence.

En 2005, Bruno Peyron et son équipage étaient partis de Ouessant pour remporter le Trophée Jules Verne avec des conditions très favorables pour sortir du golfe de Gascogne et bénéficier des alizés portugais. Le catamaran géant avait ainsi pu aligner une première journée à près de 600 milles. Ce ne sera pas le cas pour Groupama 3, mais c'était prévu dès le départ de Brest : en s'élançant dans des brises de Nord-Ouest fortes et surtout face à une mer très chaotique et grosse avec plus de 6 mètres de creux, le trimaran géant ne pouvait espérer atteindre plus de vingt noeuds de moyenne.

« Le vent a changé de direction très souvent pour cette première nuit de mer : cela ne nous a pas permis de toiler Groupama 3 de façon optimale en permanence. On pensait être sorti de ce phénomène ce matin, mais en ce moment, le vent bascule encore de 40°... Le vrai Nord-Ouest ne va pas tarder à rentrer et nous allons accélérer ce vendredi après-midi. De toute façon, il ne fallait pas prendre de risques sur ce départ et pour l'instant, tout va bien ! On a juste cassé une casquette de protection du barreur, mais on a déjà réparé... » indiquait Franck Cammas lors de la vacation radio de ce vendredi midi.

Accélération ibérique
Le trimaran géant avait retrouvé un tempo plus favorable dans l'après-midi avec le retour d'un vent de Nord-Ouest plus stable et plus établi sur une mer qui se régulait progressivement. Avec l'arrivée d'un front froid dans la nuit, le vent devrait basculer au Nord puis au Nord-Est en forcissant : Franck Cammas et son équipage auront donc un empannage à effectuer dans les prochaines heures, probablement au large de Lisbonne.

« Depuis le lever du jour, on croise beaucoup de cargos et de pêcheurs, mais comme on suit une route parallèle au rail, cela ne nous complique pas les manoeuvres. Tout le monde a pris son rythme : on a commencé les quarts deux heures après Ouessant. Mais ça n'a pas été facile de dormir cette nuit car le bateau secouait beaucoup avec une houle résiduelle qui nous a empêché de glisser. Hier soir, ce n'était pas aisé de préparer à manger et nous avons grignoté des sandwiches... » précisait le skipper de Groupama 3.

Avec les brises portantes, le gennaker va permettre de profiter des vagues pour accélérer et le déficit de 115 milles par rapport au temps de référence devrait être comblé dès samedi midi... « Les dix-huit premières heures étaient les plus difficiles de la première semaine de mer sur ce créneau... » confirmait Sylvain Mondon de Météo France. Et avec cette nette amélioration des conditions de navigation, Groupama 3 peut toujours envisager de franchir l'équateur en moins d'une semaine...
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MessagePosté le: Sam 7 Nov - 22:25 (2009)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3 Répondre en citant
Trophée Jules Verne 2009 - 2010: 2ème Jour

Dans un flux de secteur Nord-Nord Est d'une vingtaine de noeuds, Groupama 3 peut débouler sous voilure maxi à près de trente noeuds de moyenne. Le vent devant continuer à basculer en soirée ce samedi, Franck Cammas et ses neuf équipiers vont empanner pour descendre plein Sud vers l'équateur.
Bonne nuit pour se reposer et belle journée pour ce début de week-end : Groupama 3 maintient des moyennes autour de 28 noeuds et naviguait samedi midi à une centaine de milles dans le Nord-Ouest de Madère. Depuis vendredi soir, l'écart par rapport au temps de référence de 2005 s'est stabilisé à une trentaine de milles. Mais comme Franck Cammas et son équipage ont obliqué vers l'Ouest avec la rotation du vent au secteur Nord-Est, ils devraient reperdre un peu de terrain jusqu'à l'heure de l'empannage.
« Nous allons empanner ce soir pour aller directement vers l'équateur, en accélérant ! La manoeuvre est prévue à au moins deux cents cinquante milles de Madère pour ne pas être dans les effets perturbateurs du relief de l'archipel. En ce moment, nous avons tout dessus avec seize noeuds de vent en moyenne. Nous resterons au portant en gagnant dans l'Ouest pour éviter les empannages et bénéficier de plus de vent. Nous pourrons ainsi lofer lorsque le vent mollira avant le Pot au Noir. » Confirmait Franck Cammas à la vacation radio de midi.

Mal de tête
Mais si les conditions de navigation sont devenues presque idylliques, le skipper faisait état d'un mal de tête persistant du navigateur Stan Honey. « Le seul problème, c'est Stan notre navigateur qui a mal à la tête depuis le départ... J'espère que ça va passer : on lui a donné de l'aspirine. Il assume son travail à la table à cartes, mais il souffre un peu. C'est peut-être l'échappement moteur : on a vérifié qu'il n'y avait pas de fuites... Fred et Thomas s'occupent de lui puisqu'ils sont responsables de l'aspect médical à bord. Ils ont fait des stages, connaissent les médicaments de la pharmacie et ont leurs contacts à terre s'il y a besoin d'une intervention plus poussée. » Souhaitons que cette douleur lancinante s'estompe mais déjà, avec plus de soleil et des températures en hausse, l'ambiance à bord est sereine bien qu'il faille rester attentif aux grains.
« Le vent portant est au rendez-vous : c'est ce que nous cherchions et c'est sympa. Depuis que nous avons passé le cap Finisterre, la mer s'est organisée : nous avons pu passer une bonne nuit à glisser vers Madère. Les températures augmentent sensiblement au fil des heures... Et nous avons pu dormir tranquillement ! Il y a encore des grains à trente noeuds avec le front froid qui commence à disparaître : il faut garder les écoutes à la main... » Précisait Franck Cammas.

Empannage en soirée
Au vu des trajectoires de Bruno Peyron en 2005 et de Groupama 3 en ce moment, il y a une grande divergence due à des conditions météorologiques différentes. Orange 2 avait choisi de suivre au plus près la route directe en passant dans l'archipel des Canaries quand Franck Cammas et ses hommes glissent vers l'Ouest pour se dégager des reliefs volcaniques. Le catamaran n'avait pas réalisé une très bonne troisième journée de mer à cause des îles qui lui imposèrent beaucoup de manoeuvres, tandis que le trimaran géant n'aura qu'un seul empannage à effectuer ce week-end. Avec la rotation progressive du vent vers le Nord-Est, la trace de Groupama 3 va prendre la forme d'une aile de mouette avec une route très pure et directe vers l'équateur. Le changement d'hémisphère est programmé pour le sixième jour...
« La fourchette prévue pour passer l'équateur est autour de six jours : c'est une bonne moyenne, comme il y a deux ans (6j 6h 24', meilleur temps de passage, ndlr). Mais cela va dépendre de la traversée du Pot au Noir, qui ne semble pas méchant en ce moment. Normalement, nous devrions être plus rapides après notre empannage que ce que nous avions fait lors de notre première tentative... »
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MessagePosté le: Lun 9 Nov - 20:47 (2009)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3 Répondre en citant
Chaleur tropicale

Passé l'archipel du Cap-Vert avec une avance conséquente sur le temps de référence, Groupama 3 s'apprête désormais négocier le Pot au Noir, cette zone très nuageuse et turbulente qui annonce l'entrée dans l'hémisphère Sud. Le navigateur Stan Honey a retrouvé la forme et travaille d'arrache-pied pour trouver le « tunnel » favorable...

Groupama 3 est en avance sur son programme ! Le week-end a été positif avec près de 1 200 milles parcourus en 44 heures... Ces 27 noeuds de moyenne ont ainsi inversé la tendance : de 115 milles de retard au cap Finisterre par rapport au record de Bruno Peyron, l'écart était de près de 450 milles lundi après-midi à l'avantage de Franck Cammas et ses hommes. Plus d'un jour d'avance ! Et la suite du parcours s'annonce aussi positive puisque le Pot au Noir est déjà pratiquement en vue : il semble se positionner sur le 8° Nord sans être trop actif à l'exception de gros nuages pendant moins de cent milles. Et le vent d'Est d'une douzaine de noeuds ne devrait pas franchement faiblir, si ce n'est passagèrement sous les nuages.

Un bon déroulé
Les vents contraires et musclés du premier jour de mer sont déjà loin : chaleur tropicale, vent portant, mer apaisée, bonne glisse, font de cette journée de lundi une petite phase de récupération après les vitesses supersoniques du week-end et avant la traversée du Pot au Noir. Mais il faut rester attentif aux variations de vent et aux grains...

« Ce midi, nous sommes à quelques encablures d'un grain qui vient vers nous... Nous sommes sous grand gennaker, trinquette et grand voile haute. Mais on manoeuvre pas mal depuis l'empannage de Madère : on reste sur le même cap et on adapte en permanence la voilure. Nous faisons toutes les manoeuvres à six ou sept selon les voiles à changer, afin que le quart de repos soit préservé. La préparation que nous avons faite depuis le printemps dernier porte ses fruits : c'est fluide et rapide. Ça se passe très bien dans une ambiance de confiance mutuelle parfaite. Seule difficulté, toute relative : s'endormir tant il fait chaud. » indiquait Frédéric Le Peutrec à la vacation radio de midi.

Poissons volants
Depuis le passage au large de l'archipel du Cap-Vert, le vent de Nord-Est a légèrement faibli (autour de 16-20 noeuds), mais la vitesse moyenne de Groupama 3 reste calée au-dessus de 25 noeuds. Il devrait en être de même jusqu'au 8° Nord, c'est-à-dire jusqu'en fin de nuit puisque les alizés vont refuser (devenir plus Est que Nord-Est) : vent de travers, le trimaran géant pourra ainsi maintenir sa vitesse avant d'aborder les alizés de l'hémisphère Sud qui tourneront au Sud-Est.

« Notre navigateur va beaucoup mieux ce matin et a beaucoup de travail pour suivre les évolutions météorologiques : ça nous rassure parce les premières heures après le départ, il n'était vraiment pas bien. On pensait que c'était la mise en route violente, mais c'était autre chose : après migraine et fièvre, il est en forme maintenant... Le point d'impact avec le Pot au Noir, il y travaille déjà depuis deux jours avec Sylvain Mondon, notre routeur à terre, mais nous devons nous adapter à la direction et la force du vent. On espère qu'il sera quasiment inexistant ! » ajoutait le chef de quart de Groupama 3. En attendant, c'est une nuée de poissons volants qui atterrit dans les filets du multicoque : « Mais ils sont trop petits pour songer à les préparer avec un jus de citron et un filet d'huile d'olive » concluait Fred.
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MessagePosté le: Jeu 12 Nov - 01:22 (2009)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3 Répondre en citant
Franck Cammas et ses équipiers (Groupama 3), lancés à la conquête du trophée Jules-Verne, record du tour du monde à la voile en équipage, ont franchi l'équateur mercredi matin avec plus de 24 heures d'avance sur le temps de passage de Bruno Peyron en 2005.
Parti le jeudi 5 novembre, Franck Cammas a franchi l'équateur après 5 j, 15 h, 23 min de navigation, a indiqué le service de presse du skippeur, contre 07 j, 02 h, 58 min pour Bruno Peyron, détenteur du record.

Selon le site du skippeur, Franck Cammas possédait mercredi à la mi-journée une avance de l'ordre de 780 milles (environ 1440 km).
Après le franchissement de l'équateur mercredi, l'équipage devra négocier l'anticyclone de Sainte-Hélène dans l'hémisphère sud, puis l'entrée dans les 40es rugissants, juste avant le Cap de Bonne-Espérance, porte d'entrée dans les mers du sud.

Parti le jeudi 5 novembre à 16 h 50 min et 22 sec (GMT), Cammas doit revenir couper la ligne, entre Ouessant (France) et le cap Lizard (Angleterre) avant le 26 décembre à 09 h 09 min et 26 sec pour descendre en dessous des 50 j, 16 h, 20 min et 04 sec (17,89 noeuds de moyenne) et conquérir le trophée Jules-Verne que détient Orange II de Bruno Peyron depuis le 16 mars 2005.
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MessagePosté le: Sam 14 Nov - 23:27 (2009)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3 Répondre en citant


Groupama 3 a incurvé sa route vers l'Afrique du Sud, mais la nuit a été particulièrement lente puisque le trimaran a progressé à moins de dix noeuds... L'effet de la dorsale anticyclonique a fait fondre l'avance d'une demi-journée mais la brise sera au rendez-vous cet après-midi ! et Franck Cammas et son équipage n'ont pas passé une nuit très dynamique dans des vents faibles devenus contraires... En bordure de dorsale anticyclonique, Groupama 3 progressait ce samedi matin face à des vents d'Est à moins de dix noeuds de moyenne... Mais ce coup de frein est annonciateur d'un changement radical des conditions météorologiques : une dépression orageuse très active « sort » du continent sud-américain en générant des vents de secteur Nord puissants : le démarrage est attendu dans l'après-midi et cette perturbation va propulser Franck Cammas et son équipage jusqu'à l'océan Indien !

« Patience est mère de sûreté » : l'avance sur le temps de référence de Orange 2 a en conséquence sensiblement diminué puisque, en une nuit, Groupama 3 a perdu plus de 200 milles. Mais ce déficit est provisoire : Bruno Peyron avait réalisé une très bonne journée pour son dixième jour de mer en commençant à obliquer vers le Sud-Est. Le trimaran géant fait de même mais à petite vitesse, et au final, l'avantage devrait rester supérieur à une journée de mer quand Franck Cammas et ses neuf équipiers vont attraper la dépression brésilienne. Le vent de secteur Nord Puissant qui est attendu dans l'après-midi va inverser la tendance et annonce un dimanche extrêmement rapide pour entrer dans les Quarantièmes rugissants !
C'est probablement la plus mauvaise journée que Franck Cammas et son équipage devraient vivre autour du monde... Le gain acquis dans l'Atlantique Nord s'est quasiment réduit de moitié, mais Groupama 3 devrait redémarrer en milieu d'après-midi ce samedi, puis accélérer nettement dès dimanche matin !

Du côté de chez Franck, cette journée de samedi restera dans les mémoires comme un long (trop long) moment de pause ! 220 milles en 24 heures, cela correspond à la moitié d'une journée paisible et à trois fois moins qu'un quotidien normal... Le bilan comptable est terrible : 300 milles perdus. Avancer à moins de cinq noeuds sur un trimaran de trente mètres a en effet quelque chose de surréaliste ! Et la situation a perduré plus d'une demi-journée avant que le vent de secteur Nord ne se renforce enfin en milieu d'après-midi samedi. Certes, le redémarrage s'est effectué en douceur, et les grandes vitesses ne sont prévues que dimanche matin.

« Groupama 3 est dans une phase de transition composée d'une dorsale anticyclonique, côté Est et d'une zone de convergence au large du Brésil. Ces deux systèmes font que le vent oscille du secteur Nord, ce qui se concrétise pour le trimaran par une allure vent arrière avec des vents faibles, autour de six à sept noeuds. Les caps ne sont pas faciles à tenir et je suis en contact permanent avec Stan Honey, le navigateur de Groupama 3. Il faut choisir entre tribord ou bâbord amure pour sortir de cette nasse. On ne s'attend pas à avoir des brises soutenues avant dimanche matin : ça va être long ! Les vents les plus faibles étaient samedi matin et c'était forcément difficile à vivre pour Franck Cammas et son équipage. Avant d'être porté par un système dépressionnaire rapide, il leur faut patienter jusqu'au milieu d'après-midi pour commencer à s'en sortir... Il faudra être au bon endroit quand la dépression va arriver ! » Analysait Sylvain Mondon de Météo France.

Première esquisse du caractère étrange de Sainte-Hélène...
Sainte-Hélène n'est pas une jeune fille en fleurs et son ombre plane sur le trimaran géant qui cherche depuis vendredi soir à se défaire de son étreinte pour accrocher la prochaine bouffée de chaleur brésilienne. Prisonnier des brises évanescentes qui régnaient en maître au large de Trindade, l'île solitaire, Groupama 3 a subi la « désolation au lever du soleil » : mer plate, vent de Nord, brise inférieure à cinq noeuds... Des conditions idéales pour faire une vérification générale du bateau et engranger un stock de sommeil et de douceur avant les bises glaciales des mers du Sud !

« C'est calme et on n'arrive pas à décoller : on a même empanné pour tenter de retrouver de la vitesse. Nous avons cherché des réglages un peu différents qui nous permettent de sortir le flotteur au vent. Et on en a profité pour vérifier tout le gréement avec Loïc (Le Mignon) qui est monté dans le mât et le flotteur tribord puisqu'il était sous l'eau depuis notre empannage de Madère... On est prêt à affronter le Sud car on a pu se reposer aussi. Et les températures restent agréables... pour la croisière ! » Déclarait Franck cammas à la vacation du jour.

Le temps retrouvé
Mais les errements de Groupama 3 en proie aux affres d'un zéphir taquin, n'ont plus lieu d'être en ce milieu d'après-midi : la brise de Nord s'installait durablement sur le 25 parallèle Sud et allait se renforcer à l'approche d'un front chaud que Franck Cammas et son équipage vont devancer jusqu'en Afrique du Sud, voire plus ! Cette pause forcée et cette trajectoire aux allures de sinusoïdale aléatoire n'aura été qu'un mauvais moment à passer, pas tant pour les corps qui ont pu se détendre, pas tant pour les esprits qui divaguent au gré des étoiles, que pour le temps tout simplement... Le temps perdu sur le record de Orange 2, mais au final, le trimaran géant conserve approximativement une journée d'avance sur le parcours de Bruno Peyron en 2005.

« Ces phases de calme sont beaucoup plus agréables en équipage qu'en solitaire ! Nous sommes dix à bord et cela multiplie par dix l'énergie... Bien sûr que la vitesse est une chose que l'on recherche parce qu'on est plus maître de nos choix, alors que là, nous sommes obligés d'attendre et nous ne sommes pas particulièrement patients ! Mais on se projette déjà dans l'océan Indien... C'est de toute façon un très grand plaisir de barrer Groupama 3. » ajoutait Thomas Coville.
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MessagePosté le: Lun 16 Nov - 10:10 (2009)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3 Répondre en citant
Lourd tribut

La perte a été lourde depuis 48 heures ! Franck Cammas et son équipage ont dû patienter jusqu'à 3h00 ce dimanche pour que le front chaud venu du Brésil commence à apporter un léger flux de secteur Nord, et Groupama 3 n'a plus qu'une huitaine d'heures d'avance sur le record du Trophée Jules Verne...
La fuite a été enfin colmatée ! Et au lever du jour (heure française), Groupama 3 retrouvait enfin des vitesses plus conformes à son statut : une quinzaine de noeuds sur la route directe vers le cap de Bonne-Espérance... Mais l'avance sur Orange 2 va encore diminuer car Bruno Peyron avait réalisé en 2005 une très bonne journée à plus de 600 milles, ce que ne pourra pas aligner le trimaran géant. En effet, le front chaud se déplaçait ce matin encore lentement avant d'accélérer pour traverser l'Atlantique Sud : Franck Cammas et ses neuf équipiers vont dépasser les vingt noeuds à la mi journée, mais des vitesses de plus de vingt-cinq noeuds ne seront atteintes que dans l'après-midi.

C'est en fait un col barométrique que le trimaran géant a dû « escaler » ce week-end et l'équipage de Groupama 3 (qui avait participé à un stage intensif en haute montagne avant de partir) était certes préparé à cette « ascension », mais n'a pas pu s'encorder assez tôt face à une tempête... de calmes ! Le résultat n'est pas reluisant et psychologiquement, ces heures passées à patienter dans cette panne de courant n'a pas éclairé les visages d'une joie immense. Mais si la déception d'avoir perdu plus d'une journée d'avance sur le temps de référence du Trophée Jules Verne est compréhensible, elle n'entame en rien la détermination de Franck Cammas et son équipage : la route vers les Quarantièmes Rugissants s'ouvre enfin et l'accélération progressive va redonner du baume au coeur... En fin de week-end, Groupama 3 pourra de nouveau reprendre du terrain sur le catamaran qui détient le record autour du monde car cette dépression brésilienne va poursuivre sa course jusqu'aux Kerguelen !
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MessagePosté le: Lun 16 Nov - 10:12 (2009)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3 Répondre en citant
Tout schuss
Les calmes de ces dernières 48 heures sont définitivement passés : avec l'arrivée d'une dépression brésilienne, l'accélération est foudroyante et cela devrait durer plusieurs jours. Avec, pour exemple, 70 milles de gagnés sur Orange 2 en sept heures dans la matinée de dimanche.
L'attente a été longue et le changement de rythme brutal : bloqué parfois à moins de cinq noeuds jusqu'à la nuit dernière, Groupama 3 a retrouvé des ailes et fonçait dimanche après-midi à trente noeuds de moyenne ! Le tout grâce à une bouffée de chaleur tropicale sortie de Rio de Janeiro et qui descend tout schuss vers les Cinquantièmes Hurlants, passant sous l'Afrique du Sud puis continuant son périple au moins jusqu'à l'archipel des Kerguelen, voire plus...

« Nous avions identifié avant le départ le fait qu'entre le 14 et le 16 novembre, deux systèmes dépressionnaires allaient se former sur le Brésil. Il fallait donc prendre l'un ou l'autre car après, il n'y avait plus de passage possible. Il fallait être à l'heure au rendez-vous... Pour les prochaines 24 heures, c'est le même vent qui va les accompagner, une brise de secteur Nord à Nord-Est entre 15 et 20 noeuds, qui va leur permettre d'aller vite au débridé. Il y aura juste une petite houle de Sud-Est qui va s'atténuer alors que le ciel va se couvrir : le mauvais temps va chercher à les rattraper... Des vitesses très élevées vont être au programme dans les deux prochains jours ! » précisait Sylvain Mondon de Météo France.

En avant du front chaud
« On a eu une période difficile psychologiquement parce que cinq noeuds de vent aussi longtemps, ce n'était pas facile à vivre... Ce n'était pas évident de sortir de cette zone de calme et puis, ce matin, ça a commencé à accélérer, mais il faut qu'on se presse pour garder ce vent-là ! On est concentré et surtout contents de retrouver ces grandes vitesses. On se sentait totalement impuissant en attendant cette dépression, mais il ne faut plus qu'on la quitte car nous ne sommes pas particulièrement en avance sur son déplacement. Cela va désormais être une course contre la montre avec le front chaud plutôt qu'une course contre Orange 2 ! » déclarait le skipper de Groupama 3

Comme cette dépression toute jeune grossit en s'alimentant en air froid polaire au fur et à mesure qu'elle traverse l'Atlantique Sud, elle se déplace assez vite (une trentaine de noeuds) : l'objectif de Franck Cammas et son équipage est dorénavant de rester juste en avant du front chaud qui génère des vents réguliers de Nord sur une mer peu formée. Et cette perturbation qui prend aussi du coffre au fil des jours, va repousser les hautes pressions qui stagnent depuis plusieurs jours au large de Cape Town : sa trajectoire très rectiligne est une bonne nouvelle pour Groupama 3, mais elle va descendre assez Sud, jusqu'au 50° Sud ! Or à cette époque de l'année, il y a encore des glaces venues de l'Antarctique qui remontent assez haut... Il faudra pouvoir incurver la route après le contournement par le Sud de cet anticyclone africain.

Rendez-vous important
« En ce moment, Groupama 3 navigue à près de trente noeuds, avec un ris et foc Solent au vent de travers dans 17-18 noeuds de vent à 135° du vent réel, sous un ciel gris avec quelques trouées de bleu et des cumulus. Mais il y a une houle de face qui nous fait faire des sauts parfois... Il faut qu'on réussisse à suivre le routage ce qui fait un rythme de vitesse très élevé. Nous visons un point assez Sud par rapport au cap de Bonne-Espérance car il y a un anticyclone sous l'Afrique du Sud. Cela nous posera le problème des icebergs, mais côté vent, c'est très favorable. Les prochaines 24 heures sont importantes pour rester dans le secteur de vent de Nord (allure idéale pour nous), sans se faire manger par la dépression qui est assez violente ! Ce sera une trajectoire toute droite avec des manoeuvres de réduction de voilure parce que ça va forcir : dès mardi, nous serons dans les Quarantièmes Rugissants... »

Après la patience, l'impatience ! Mais il ne faut pas que la dépression accélère trop au risque que Groupama 3 passe derrière le front : la bascule du vent à l'Ouest ne serait pas favorable car Franck Cammas et ses hommes devraient alors enchaîner les empannages, suivant une route en zigzags plus longue et moins rapide. Vent de travers, le trimaran géant peut glisser sans forcer et sans trop solliciter l'équipage. Il y aura suffisamment de manoeuvres à faire dans l'océan Indien ! Ainsi, si tout se combine comme prévu, Groupama 3 va de nouveau augmenter son avance sur le temps de référence et aborder le Grand Sud avec une marge très positive.
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MessagePosté le: Lun 16 Nov - 10:14 (2009)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3 Répondre en citant
Froid devant !
Groupama 3 devrait enchaîner au moins deux journées particulièrement rapides pour rester devant le front chaud brésilien qui le pousse vers le cap de Bonne-Espérance : en douze heures Franck Cammas et ses hommes ont déjà repris plus de cent milles à Orange 2 !
Froid devant et chaud derrière : le trimaran géant n'a pas le choix. Il lui faut aller aussi vite que la dépression qui le pousse depuis la fin du week-end pour profiter des vents de secteur Nord qui soufflent en avant du front chaud. La trajectoire est donc très pure : toute droite vers les Quarantièmes Rugissants... Une latitude que Franck Cammas et ses neuf équipiers devraient atteindre dès demain mardi en continuant à descendre pour contourner un anticyclone calé au Sud de l'Afrique. Avec une moyenne de plus de 28 noeuds ces dernières heures, Groupama 3 a déjà repris du temps sur le record de Orange 2 : normalement, ce sont plus de 650 milles en 24 heures qui vont s'aligner au compteur ces prochains jours...

En attrapant la dépression brésilienne, le trimaran géant est poussé rapidement vers le Sud-Est et cette situation va perdurer au moins trois jours pour entrer dans l'océan Indien et ses froids glacials ! Le décor a totalement changé en quelques heures puisque les températures tropicales ont fait place à un climat automnal en attendant, d'ici le milieu de la semaine, les frimas antarctiques... Logiquement, Groupama 3 devrait reprendre une centaine de milles par jour sur le temps de référence et donc passer la longitude du cap de Bonne-Espérance avec plus d'une journée de marge. Mais surtout son positionnement assez Sud (sur le 50° Sud) va lui permettre de raccourcir sa route vers le cap Horn et d'éviter les manoeuvres et les changements de cap, comme cela avait été le cas il y a près de deux ans. Route directe et grande vitesse vont donc propulser Franck Cammas et ses neuf équipiers très rapidement dans un autre univers !
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MessagePosté le: Lun 16 Nov - 20:50 (2009)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3 Répondre en citant
Avarie, destination Cape Town.



C'est à 13h16, lundi 16 novembre, que le skipper de Groupama 3, Franck Cammas, appelait son équipe du Trophée Jules Verne pour l'informer qu'une cloison de bras arrière bâbord avait cassé, entraînant une avarie importante sur le flotteur. Malgré la tempête, Groupama 3 fait route à petite vitesse vers Cape Town distante de 1700 milles (3000 km) et abandonne donc cette tentative sur le Trophée Jules Verne...
Un grand crac vers 13h00 (heure française) ce lundi, mettait fin aux espoirs de Franck Cammas et ses neuf équipiers de battre le record autour du monde de Orange 2 effectué en 2005 (50 j 16h 20'). Une cloison du bras de liaison arrière venait de rendre l'âme dans des conditions musclées puisque le trimaran géant naviguait au débridé à 90° du vent réel dans un flux puissant de Nord-Nord-Est et sur une mer agitée. L'équipage savait qu'il fallait aller vite pour rester dans le bon secteur du front chaud qui les poursuivait afin de descendre avec cette dépression brésilienne vers le cap de Bonne-Espérance. Cette faiblesse du bras de liaison a provoqué aussi une fissure du flotteur au vent et, devant l'importance des dégâts, l'équipage a tout de suite arrêté le bateau et conclut qu'il fallait abandonner cette tentative autour du monde.

« On avait passé la nuit à bien naviguer pour rester devant le front et ce matin, Thomas Coville et Bruno Jeanjean qui étaient sur le pont ont entendu un grand « clac » : il y avait une petite fissure entre le bras arrière et le flotteur bâbord. Ça bougeait beaucoup : on s'est arrêté plein vent arrière pour ouvrir la trappe et accéder à l'intérieur. Une partie du collage entre le bras et le flotteur au niveau de la cloison est cassé. La liaison est donc structurellement diminuée d'au moins 50%. Il est impossible de réparer en mer à cause des mouvements. En ce moment, on se fait encore secouer : il y avait 35 noeuds de vent par le travers au moment de l'avarie. Et maintenant, on s'est fait rattraper par le front et il y a 40 noeuds...
On a affalé la grand voile et Groupama 3 navigue vent arrière pour éviter les mouvements brusques. On va établir un plan de route pour éviter d'avoir trop de vent et trop de vagues. On fait cap au Sud pour laisser passer la deuxième dépression cette nuit : on repartira demain mardi matin vers Cape Town. On continue les quarts et je travaille avec Stan pour voir ce que nous allons faire par la suite. L'idée est de rentrer ensuite rapidement en France : l'équipage est partant et si nous pouvons partir avant fin janvier, c'est encore jouable pour une nouvelle tentative ! » indiquait Franck Cammas lors d'un contact téléphonique en début d'après-midi.

Présente lors de cet entretien téléphonique avec Franck, la Directrice de la communication externe de Groupama, Frédérique Granado précise : « Le plus important est que l'équipage soit sain et sauf. Notre priorité est qu'ils rallient Cape Town dans les meilleures conditions de sécurité. Nous savons pouvoir compter sur leur expérience et leur détermination pour préserver Groupama 3. Les entendre évoquer un nouveau départ cet hiver en est la meilleure preuve ».

Détournement vers l'Afrique
La solution la plus sage est donc de rallier rapidement un port pour estimer plus précisément l'importance de l'avarie et surtout pour éviter que la situation s'aggrave. Cape Town, à environ 1 700 milles des étraves du trimaran géant, s'impose donc comme l'escale technique la plus rapide à atteindre dans des conditions de vent et de mer pas trop mauvais. Il faudra tout de même compter une semaine de navigation à Groupama 3 avant qu'il ne s'amarre, puis réparer avant de remettre cap au Nord vers la France.
C'est évidemment une très grosse déception qui affecte les dix hommes embarqués depuis dix jours et demi dans cette aventure planétaire. Le trimaran avait confirmé ses redoutables performances en alignant une journée à plus de 700 milles lors de sa descente de l'Atlantique Nord et en améliorant sensiblement son propre temps de référence au passage de l'équateur : 5 jours 15 heures 23 minutes !

Au moment de l'avarie, Groupama 3 possédait encore 345 milles d'avance sur Orange 2 (soit plus d'une demi-journée) et progressait à plus de 25 noeuds de moyenne, en route directe vers l'archipel des Kerguelen. Ayant accroché une dépression brésilienne depuis dimanche après un week-end particulièrement lent, Franck Cammas et ses neuf équipiers approchaient à grands pas des Quarantièmes Rugissants.
Les voici donc stoppés en plein élan mais, comme le souligne Franck, plus motivés que jamais pour réparer et se lancer le plus rapidement possible cet hiver dans une nouvelle tentative.
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MessagePosté le: Mar 17 Nov - 22:04 (2009)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3 Répondre en citant
Depuis lundi après-midi et l'avarie survenue à la liaison du bras arrière et du flotteur bâbord, l'équipage de Groupama 3 courbe l'échine mais ne baisse pas les bras. En fuite à sec de toile dans une mer forte, cap au Sud, Franck et ses hommes tentent de préserver la structure du maxi trimaran en limitant les chocs. Dans le flotteur endommagé, Lionel Lemonchois et Thomas Coville pansent la plaie. Avec une seule hâte, mettre le cap à l'Est vers l'Afrique du Sud.

les hommes sont proches : « L'équipage, toujours très professionnel, s'est encore comporté merveilleusement, sans défaitisme ni relâchement, se creusant les méninges pour sortir au plus vite de ce faux pas » écrivait tôt ce matin le skipper de Groupama 3.

Tandis qu'à la table à carte, Stan Honey et Franck affinent avec Sylvain Mondon la stratégie pour éviter le plus gros du coup de vent qui balaye l'Atlantique Sud d'un revers, dans les entrailles du flotteur, certains équipiers sont à l'oeuvre.

Guidés par le boat captain, Loïc Le Mignon, qui connaît Groupama 3 sur le bout des doigts, Lionel Lemonchois et Thomas Coville posent une attelle en carbone sur la cloison défectueuse. « Elle tiendra jusqu'à Cape Town ? » demande Loïc. Et Lionel de répondre « Idéalement, ce serait que ça tienne jusqu'à Brest mais là, c'est pas garanti ».

Sur les visages, point besoin d'être grand clerc pour lire la déception, la frustration : « Ca fait chier... » dit sobrement Fred Le Peutrec tandis que Bruno Jeanjean ajoute « C'est une énorme frustration, on pense à tous ceux qui travaillent sur ce projet ».

A 6 heures ce matin, sous voilure réduite, Groupama 3 progressait à onze noeuds, cap au 118.

Les explications de Franck Cammas

Depuis 24 heures, l'équipage de Groupama 3 s'est mobilisé pour circonscrire l'avarie constatée sur la cloison de bras de liaison. Le maxi trimaran a dû aussi laisser passer la dépression brésilienne qui a soufflé très fort la nuit dernière... Franck Cammas revient sur ces dernières heures au milieu de l'Atlantique Sud.

Quelle est votre situation actuellement ?
« On flirte avec le centre de la grosse dépression qui nous a poussé vers le cap de Bonne-Espérance, mais une dépression secondaire s'est créée sur le front froid, avec des vents qui peuvent atteindre très vite 60 noeuds ! On s'est donc réfugié pas loin du centre de la grosse dépression pour laisser passer tout ça. C'est pour cela qu'on a navigué toute la nuit sous mât seul, direction plein Sud. Depuis 3h00 ce matin, on a renvoyé de la toile car les conditions sont devenues plus maniables. En fin d'après-midi, on devrait empanner et faire route à l'Est vers Cape Town, en restant à l'arrière du plus gros du mauvais temps. Il y aura encore de la houle et une mer forte : il reste un doute sur la façon de manier le bateau sans le faire souffrir. Nous ne prendrons aucun risque, même s'il faut s'arrêter... »

Comment s'organise la vie à bord ?
« Tout le monde s'affaire à sa tâche : les spécialistes de la stratification (Lionel Lemonchois aidé par Thomas Coville) ont travaillé toute la nuit. On est tous déçus, mais on se projette déjà dans l'avenir. On va essayer de ramener Groupama 3 le plus vite possible en Bretagne. Quand on décide d'abandonner, c'est brutal : on passe d'une configuration de performance à un simple convoyage. Ce n'est pas la même vie à bord, ce n'est pas la même ambiance, on trouve que le temps est beaucoup plus long. Heureusement que l'on a des livres à bord pour pouvoir s'évader un peu quand on ne barre pas... »

Avez-vous une explication de cette avarie ?
« On imagine que les efforts et les mouvements du flotteur en sont la cause. Il y a toujours des effets parasites qu'il est très difficile de modéliser sur un ordinateur. Les vagues ne frappent jamais de la même façon et la plateforme est soumise à des comportements désordonnés : il y a des vibrations extrêmement violentes dans une mer chaotique. On pense que le flotteur a pu onduler longitudinalement avec un train de vagues sur l'arrière alors que l'appui au niveau du bras de liaison est très rigide. Or, la charnière, c'est cette cloison qui s'est fendue... »

Quelle est l'ampleur des dégâts ?
« La casse n'est pas spectaculaire, mais on sait que ça peut se dégrader très vite et mettre en cause l'intégrité de Groupama 3. C'est inquiétant et cela nous oblige à un arrêt technique, mais c'est beaucoup moins grave que la dernière fois... La cloison qui prolonge le bras en entrant dans le flotteur s'est cassée en flambant : il a fallu installer deux équerres pour maintenir l'écartement entre ces deux parties de la cloison, puis insérer de la mousse avant de coller. Maintenant, la cloison est rigidifiée. Mais il reste un problème car la cloison a décollé la peau intérieure du flotteur sur environ 400 mm : pour l'instant, on n'a pas réussi à coller le flotteur à la cloison et donc il bouge à chaque vague. Il ne faut pas que les UD (tissus unidirectionnels) qui rigidifient le fond du flotteur, cassent car c'est la colonne vertébrale du flotteur ! Il nous faut donc parvenir à lier toute la périphérie de la cloison avec le flotteur. »

Quels sont vos objectifs désormais ?
« Il faudra que nous renforcions les quatre accroches de bras de liaison. Mais il faudra d'abord faire une analyse fine avec les ingénieurs et les architectes. Il est certain que nous ne pourrons pas repartir pour un tour du monde sans avoir confiance dans la réparation et sans connaître les raisons de cette avarie. Il n'est pas garanti à 100% que nous puissions repartir fin janvier. Mais comme nous sommes partis très tôt de Ouessant, il reste une possibilité de s'élancer de nouveau en fin de saison. C'est jouable ! Mais il faudra d'abord être serein sur la capacité de Groupama 3 à effectuer le tour du monde... »

Quelles options pour les jours à venir ?
« Au plus rapide, on serait le 22 novembre à Cape Town, au plus tard, le 24 novembre. Et il y a une troisième option, c'est de rentrer directement à Lorient si les réparations que l'on fait en mer nous satisfont, ce qui nous ferait gagner beaucoup de temps pour pouvoir repartir sur une nouvelle tentative. Actuellement, le mât ne craint rien car il est fixé sur une autre cloison et nous avons même pu renvoyer la toile pour filer à 17 noeuds sur la bonne allure avec le bon angle de mer... »
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MessagePosté le: Mer 18 Nov - 21:59 (2009)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3 Répondre en citant
Sortie de dépression

Groupama 3 a pu reprendre une route plus directe vers l'Afrique du Sud après avoir laissé passer la dépression brésilienne qui le poussait vers les Quarantièmes Rugissants. Franck Cammas et ses hommes peuvent désormais progresser sur une mer plus assagie.

Après avoir fait route au Sud pour réparer la cloison de bras de liaison cassée et pour naviguer vent arrière à sec de toile afin de ne pas solliciter la structure, Groupama 3 a pu incurver sa route dès mardi après-midi vers l'Est en renvoyant de la voile. La mer était encore formée avec un vent de Nord-Ouest entre 15 et 25 noeuds, une brise qui devrait s'essouffler dans l'après-midi de mercredi en tournant au secteur Sud-Ouest. Franck Cammas et son équipage devraient donc empanner prochainement pour bénéficier d'un vent d'une douzaine de noeuds et naviguer sur une mer moins agitée.

L'objectif du trimaran géant est de remonter progressivement vers le Nord-Est pour atteindre la bordure Sud de l'anticyclone de Sainte-Hélène où la houle générée par la dépression brésilienne se sera allongée. Dès jeudi matin, la brise va ainsi basculer au secteur Sud entre dix et quinze noeuds, ce qui permettra à Groupama 3 de naviguer vent de travers vers l'Afrique du Sud. En revanche, en s'approchant du continent africain, la brise va mollir très sensiblement et les derniers 300 milles du week-end s'annoncent laborieux. Cette situation météo associée au fait que Franck Cammas et ses neuf équipiers auront pu mieux appréhender la tenue de leur réparation, pourrait les inciter à remonter plein Nord vers le golfe de Guinée puisque les alizés de Sud-Est soufflent jusqu'à l'équateur en restant modérés. La vacation radio avec le trimaran géant à la mi-journée permettra de connaître leurs intentions finales.

Chantier à Cape Town

Après avoir imaginé pouvoir rallier la base technique de Lorient directement, Franck Cammas et son équipage ont décidé de rejoindre l'Afrique du Sud pour effectuer un chantier de réparation dans de bonnes conditions. Cape Town est à environ cinq jours de mer et Groupama 3 pourrait repartir vers la France début décembre... Pour une nouvelle tentative sur le Trophée Jules Verne en janvier !

Lionel Lemonchois, désigné « chef de chantier » pour effectuer les réparations provisoires de la cloison de bras de liaison, explique les conditions nécessaires pour résoudre totalement ce problème structurel, subi par Groupama 3 au dixième jour de sa tentative sur le Trophée Jules Verne.
« Hier, on avait encore espoir de trouver une zone de mer plus calme pour pouvoir intervenir sur la casse et rentrer directement en Bretagne, mais comme le bateau est en permanence en mouvement, on ne peut pas faire quelque chose de bien. Nous sommes encore en bordure du Grand Sud, sous un paysage gris, une mer désordonnée, avec des oiseaux planeurs et une température fraîche...

Il a fallu travailler dans un taux d'humidité proche de 100%, à genoux à l'intérieur du flotteur : ce n'est pas l'idéal pour faire du composite ! Cela a permis d'avoir une bonne réparation mais pas suffisante pour l'exploiter à 100% en toute sécurité : le plus sage est de réparer proprement en Afrique du Sud, car il faut que le flotteur et le bras soient immobiles. Nous sommes à 1 400 milles de Cape Town et d'après les prévisions météo, il n'y a pas de zone suffisamment tranquille pour résoudre le problème en mer ...

L'équipe technique de Groupama va nous rejoindre, mais il ne sera normalement pas nécessaire de mettre le trimaran au sec ou de démâter. Nous allons aussi renforcer la cloison tribord de la même façon, et cela devrait tout de même durer une semaine environ.

J'avais embarqué une grande équerre en carbone que nous avons boulonnée et collée pour maintenir en place les pièces à réparer : nous avions aussi plusieurs kits de résine et de colle pour intervenir sur tous les secteurs. La cause réelle n'est pas évidente à analyser : les ingénieurs se penchent sur la question car c'est une avarie qui n'avait jamais eu lieu... Ce sont probablement des facteurs concomitants qui en sont à l'origine, car il n'y a pas de malfaçon et les collages étaient corrects... Nous avons ouvert toutes les trappes de visite pour vérifier la structure et nous n'avons rien trouvé de suspect. Le trimaran a l'air parfaitement sain.

Cela a tout de suite été évident pour tout le monde : on va repartir ! Ce record n'est pas une petite affaire... Ce n'est pas passé cette fois, mais comme nous sommes au début de la saison, c'est encore possible. »

Bruno Jeanjean est aussi revenu sur sa première grande expérience océanique puisque le numéro un à bord de Groupama 3 effectuait son plus long périple en mer de toute sa carrière...
« C'était avant-hier après-midi : on a entendu un claquement sec localisé vers le bras arrière, comme un coup de fusil. On est toujours attentifs aux bruits qu'on entend au quotidien, et là c'était assez franc pour qu'il n'y ait pas d'équivoque. La déception à chaud est énorme, puisqu'il y a de l'investissement sur ce projet... On a perdu la première mi-temps, mais il faut regarder devant, en attendant un second départ. On ne peut pas rester sur un échec !

En dix jours de navigation, j'ai appris plein de choses. Le départ était plutôt musclé ! On a commencé fort et quand on a vu que nous avions très vite descendu l'Atlantique Nord, on était très excité à l'idée de rentrer dans les mers du Sud... C'était la première fois pour moi : on commençait à « taper dans le dur » ! Là, on va faire un grand ménage pour faciliter le chantier : nous ne sommes pas du tout démobilisés... »

Voilà un bel exemple de détermination de la part de l'équipage, de l'équipe technique et aussi du Groupe Groupama, partenaire engagé dans le succès comme dans l'adversité.
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MessagePosté le: Jeu 19 Nov - 22:53 (2009)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3 Répondre en citant


Cape Town ce week-end

Groupama 3 a pu bénéficier de bonnes conditions ces dernières 24 heures pour faire route directe vers l'Afrique du Sud avec du vent portant sur une mer moins agitée. Les routages laissent entendre que Franck Cammas et ses neuf équipiers pourraient toucher terre dans la nuit de samedi à dimanche à Cape Town.

L'équipe technique de Groupama pourra alors commencer le chantier de réparation des cloisons de bras arrière afin de rallier Brest au plus tôt. En effet, lors de la vidéoconférence de ce jeudi midi, en présence de Gérard Petipas et Eric Loizeau, Franck Cammas annonçait que l'objectif était désormais de rejoindre Brest vers la mi-décembre, pour être en stand-by pour le début du mois de janvier. Une nouvelle tentative sur le Trophée Jules Verne est donc d'ores et déjà programmée pour l'équipage qui convoiera Groupama 3 début décembre sur les 6 000 milles qui séparent Cape Town de la Bretagne.

Thomas Coville est aussi revenu sur l'ambiance à bord tant avant qu'après l'avarie, marquant son immense déception mais aussi son énorme envie de repartir au plus tôt...

« J'étais à la barre quand j'ai entendu un bruit étrange : ça n'était pas un grand crac. C'était plutôt un petit cliquetis, et ce moment-là, il faut être capable de le détecter comme étant anormal. Pour moi il n'y avait pas de doute. Sur un bateau, chaque bruit a une signification. Il y a dû en avoir d'autres auparavant, des bruits, mais on ne les a pas remarqués... J'ai demandé à Bruno Jeanjean d'aller voir sur place. Il était attaché parce qu'il était plutôt exposé avec les conditions musclées que nous avions à ce moment-là. Il a détecté une petite fissure qu'on a essayée de consolider, avant de finalement décider d'arrêter l'aventure, ou au moins de la reporter. Maintenant je dois vivre avec ça mais c'est comme quand tu démâtes : ça reste ancré en mémoire...

Le fonctionnement à bord est remarquablement organisé et quand il a fallu décider de l'avenir, Franck Cammas était très présent mais toujours en prenant les avis des équipiers impliqués... On était dans l'action, et quand tu es dans l'action sur un bateau, tu ne penses pas aux conséquences. Ce n'est que quand nous avons réussi à réparer la cloison que la déception nous a envahi : même la fatigue devient beaucoup plus lourde... Il ne faut pas se relâcher dans ces cas-là parce que ça peut devenir dangereux si tu ne fais pas attention ! Mais l'équipage est extrêmement professionnel avec un mental et une cohésion exceptionnels. C'est le très gros point positif du groupe : cette avarie n'a fait que renforcer ce rapport humain. Je suis fier de faire partie de cet équipage... ».

Vents favorables...

Pour leur troisième nuit de mer depuis l'avarie, l'équipage de Groupama 3 navigue dans des conditions de vent et de mer assez paisibles.
Positionnés à 990 milles de Cape Town, ils sont poussés par un vent de Sud-Ouest de 10 à 15 noeuds. La mer qui s'est assagit leur a permis de tenir une moyenne supérieure à 15 noeuds.
Alors qu'à bord le rythme régulier des quarts s'était désorganisé pour cause de réparation dans le flotteur bâbord, tout est aujourd'hui revenu dans l'ordre : trois sur le pont, trois en stand by et trois qui dorment tandis que le navigateur, Stan Honey, vise des zones de navigation qui ne sollicitent pas trop la structure de Groupama 3.

Attendus dans la nuit de samedi à dimanche dans le port Sud Africain, ils devanceront de quelques mois les joueurs de l'équipe de France de football qui ont rapidement appris à jouer au football « gaëlique » pour se qualifier pour la Coupe du Monde 2010.
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MessagePosté le: Ven 20 Nov - 22:13 (2009)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3 Répondre en citant
Bordure anticyclonique

Toujours poussé par un flux de Sud-Est d'une quinzaine de noeuds, Groupama 3 progresse à plus de vingt noeuds vers l'Afrique du Sud : Franck Cammas et ses hommes devraient atteindre Cape Town dès samedi soir.
Depuis l'avarie sur la cloison de bras de liaison qui a mis fin à la tentative sur le Trophée Jules Verne, Franck Cammas et ses neuf équipiers ont pu retrouver une mer plus assagie en remontant vers le 35° Sud, à la latitude de Cape Town. Un port qu'ils devraient rallier dès demain samedi dans la soirée puisqu'il leur reste un peu moins de 500 milles à parcourir et que Groupama 3 aligne des journées à plus de 300 milles. Le vent de Sud-Est généré la bordure méridionale de l'anticyclone de Sainte-Hélène va virer au Sud dans les prochaines heures, ce qui ne devrait qu'accélérer le rythme, surtout qu'il va se maintenir en force, voire monter jusqu'à une vingtaine de noeuds à l'approche des côtes africaines.

Tout est déjà prêt à Cape Town pour accueillir le trimaran géant et commencer au plus tôt l'inspection, la réparation de la cloison de bras bâbord et le renforcement de son équivalent tribord. En plein printemps austral, les conditions météorologiques sont idéales pour effectuer ce chantier sans avoir besoin de mettre au sec Groupama 3. A l'exception de trois équipiers qui profiteront de cet arrêt forcé pour reprendre leurs activités terrestres et venir au Nautic de Paris début décembre, l'équipage sera le même pour convoyer le bateau vers Brest pour un nouveau stand-by début janvier.

Derniers milles avant Cape Town

Après deux empannages ce vendredi matin, Groupama 3 peut désormais faire route directe vers Cape Town qu'il devrait atteindre samedi en soirée. Stève Ravussin fait le point sur ces derniers jours de convoyage depuis l'avarie sur le bras de liaison bâbord.
« Nous sommes sous deux ris dans la grand voile et gennaker : on n'a pas trop envie de tirer sur le bateau, et on est très bas en angle. Même s'il est sous le vent, le flotteur avec sa cloison réparée ne doit pas être trop sollicité. On vérifie régulièrement la réparation et ça a l'air de bien tenir. On ne tire pas sur le gréement, donc il y a très peu d'efforts sur le bras de liaison car en plus on ne s'appuie pas beaucoup dessus. On a empanné deux fois ce matin et là, nous sommes tribord amure. Le vent de Sud-Ouest va tourner au Sud et on reste à vingt noeuds, en vitesse de croisière !

Les quarts paraissent plus longs dans ces conditions de convoyage : mon petit frère m'a prêté sa Playstation et ça passe le temps... On s'échange aussi des livres, des films, mais on n'a pas grand chose ! Aucun équipier ne connaît Cape Town à part Thomas Coville qui avait dû s'arrêter après son avarie lors de sa première tentative autour du monde en solitaire. On devrait rester une semaine pour le chantier, mais on va se relayer... »
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MessagePosté le: Sam 21 Nov - 22:59 (2009)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3 Répondre en citant
En approche


Groupama 3 devrait s'amarrer dans le port de Cape Town ce samedi midi puisque, au lever du jour, il avait moins de 50 milles à parcourir pour atteindre l'Afrique du Sud.
Les conditions météorologiques ont finalement été favorables après l'avarie subie par Groupama 3 et le trimaran géant a pu aligner de belles journées en convoyage sans tirer sur la structure : en bordure d'anticyclone, Franck Cammas et ses neuf équipiers ont pu glisser dans une brise modérée à plus de vingt noeuds de moyenne...

Au lever du jour, Table Moutain était en vue ! Le bateau devrait s'amarrer dans le port de Cape Town ce samedi midi et l'équipe technique venue de Lorient prendra en main le chantier à effectuer dès ce week-end.

À quai à Cape Town

Groupama 3 est arrivé à Cape Town ce samedi en début d'après-midi et s'est immédiatement mis à quai pour entamer les travaux de réparation et de renforcement des bras de liaison arrières.
C'est vers 14h00 (heure française) que Franck Cammas et ses neuf équipiers ont pu toucher terre après deux semaines de mer : Groupama 3 avait dû abandonner sa tentative de record sur le Trophée Jules Verne le onzième jour suite à la rupture de la cloison de bras arrière bâbord. Il aura donc fallu cinq jours pour que le trimaran géant rallie l'Afrique du Sud où l'attendait l'équipe technique de Groupama qui va installer un chantier « flottant » puisqu'il n'est pas nécessaire de mettre le bateau au sec. Le trimaran géant est ainsi amarré au ponton de la base de Shosholoza, le défi sud-africain pour la Coupe de l'America.
Après le coup de vent que Groupama 3 a dû éviter juste après son avarie, puis les alizés de l'anticyclone de Sainte-Hélène qui l'ont propulsé à plus de vingt noeuds vers Cape Town, Franck Cammas et ses hommes ont dû se faire remorquer quelques milles, car le moteur avait été déposé avant son départ de Brest le 5 novembre. Le vent était totalement tombé avant qu'il ne reprenne de la vigueur en vue du port, permettant à Groupama 3 de terminer à la voile mais il a dû patienter en rade en raison du trafic maritime. L'équipage a pu se restaurer avec des produits frais dès son arrivée avant de se mettre au travail et de participer à la remise en état du trimaran afin de repartir sur Brest dès les premiers jours de décembre.
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MessagePosté le: Mer 25 Nov - 11:14 (2009)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3 Répondre en citant
La tête en bas mais un moral à toute épreuve



Amarré à quai dans le port de Cape Town depuis samedi dernier, Groupama 3 ne repose pas en paix, loin s'en faut. A peine arrivée, l'équipe technique, descendue de sa base lorientaise et dirigée par Yann Mérour, prenait les choses en main avec l'aide de l'équipage. L'analyse structurelle de l'avarie et les constatations faîtes sur place par les spécialistes du composite confirment qu'il faudra bien une semaine de travaux pour que Groupama 3 puisse prendre la mer, cap sur Brest pour un nouveau stand by qui devrait débuter le 1er janvier 2010.

Profitant des moyens techniques de la base Shosholoza (engagée dans la 32ème édition de la Coupe de l'América), Pierre Tissier, Sandy Blanalt, Sarah Lynch et Eric Beylot oeuvrent dans le flotteur bâbord de Groupama 3. Sous une chaleur sèche accablante mais propice au travail du carbone, ils ont commencé par découper la cloison défectueuse puis construire sa remplaçante : « Ce n'est jamais facile de travailler dans un espace aussi réduit. Par chance, cette cloison est très proche de la trappe d'accès. Cela nous permet de sortir régulièrement la tête pour prendre l'air. Mais c'est vrai qu'il fait chaud ! » relate Eric Beylot qui en viendrait presque à regretter le temps maussade qui règne en Bretagne.

Venus de Johannesburg, trois spécialistes de l'analyse infra rouge ont inspecté la zone touchée sans relever de dommages induits. Un bon point selon le skipper de Groupama 3 qui ne quitte que rarement son téléphone, en contact régulier avec son bureau d'études, les architectes du cabinet VPLP et HDS : « En refaisant tourner leurs ordinateurs, ils se sont rendus compte que le cas de charge qui nous intéresse aujourd'hui n'était pas prévu pour dépasser six tonnes. Or, les conditions de navigation qui étaient les nôtres ont très certainement produit des efforts supérieurs. C'est pour cette raison que nous allons également renforcer la cloison opposée, celle du flotteur tribord » explique Franck.

Car, pour le reste, Groupama 3 est en parfait état, prêt à reprendre la mer, à se relancer à l'assaut de ce fameux Trophée Jules Verne dont on saisit encore mieux la valeur : « Il est clair que pour avoir une chance de le battre, il faut aller vite. Mais aussi aller loin, ce que nous n'avons à ce jour pas réussi à faire. A nous maintenant de prouver que nous en sommes capables. Dès l'avarie, l'équipage au complet s'est déclaré volontaire. Je suis fier d'eux et aussi fier de Groupama 3 qui est un excellent bateau. Sans parler de mon fidèle partenaire Groupama qui, une fois de plus, nous apporte son soutien et sa confiance dans un moment difficile » conclut Franck Cammas.

Pendant ce temps, le reste de l'équipage rince l'accastillage et les cirés, range sa « maison » et inspecte de fond en comble le plan de pont. Certains bouts, comme ceux qui commandent la descente et la remontée des foils, sont usés et remplacés. Quand vient l'heure de la pause déjeuner, les discussions reviennent régulièrement sur quelques anecdotes vécues lors des 11 premiers jours de cette tentative de Trophée Jules Verne. Avec, à la clé, quelques éclats de rire qui démontrent, s'il en était besoin, à quel point ces dix hommes forment une équipe. Une vraiment belle équipe.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 09:04 (2018)    Sujet du message: Trophée Jules Verne. Groupama 3
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