Return to Index
 S’enregistrer   FAQ   Rechercher   Membres   Groupes   Profil   Se connecter pour vérifier ses messages privés   Connexion 
Infos N°17 du 24/11/2009.

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    barreursvirtuels Index du Forum :: Les Régates Réelles. :: Toutes les Infos sur les Régates Réelles. :: Transat Jacques Vabre.
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Brezhoneg


Hors ligne

Inscrit le: 19 Oct 2009
Messages: 588
Localisation: Bretagne Sud
Masculin Vierge (24aoû-22sep) 蛇 Serpent

MessagePosté le: Mer 25 Nov - 11:06 (2009)    Sujet du message: Infos N°17 du 24/11/2009. Répondre en citant
Le Ministre Flores sur les pontons à Limon

A quelques heures désormais de l'arrivée du premier bateau à Puerto Limon, Monsieur Allan Flores, Ministre du Tourisme du Costa Rica, est d'ores et déjà présent sur les pontons pour accueillir comme il se doit les marins.

L'heure du premier bilan

C'est étonnant comme c’est toujours quand on lit la distance nous séparant de l'arrivée avec seulement 2 chiffres que le temps passe beaucoup moins vite mais c'est quand qu'on arrive ? Cette impression est renforcée par les conditions de vent qui se sont détériorées en approchant du fond de la mer des Caraïbes. Le vent est devenu très irrégulier tant en force qu'en direction et surtout après les journées un peu folles que nous avons vécues au portant dans la brise, on a le sentiment d'être arrêté alors que nous marchons tout de même à 10 nœuds.

En mode furtif depuis ce matin, juste pour le fun, car il n'y avait pas grand chose à espérer de cette nouveauté en ce qui nous concerne ; Safran ayant un matelas plus que confortable 24h avant son arrivée. La notre approche, elle est loin, mais tellement proche. Alors on se dit que nous avons bien travaillé, que nous avons eu de la chance de passer où les autres ont cassé et aussi que sans doute il ne nous aura pas manqué grand chose pour que ça rigole un grand coup

Arrivée proche à Limon

C'est dans une heure à une heure et demie que le premier concurrent de la Transat Jacques Vabre 2009 devrait se présenter sur la ligne d'arrivée à Puerto Limon.

Crêpes Whaou ! en approche

Au classement de 5h, Franck-Yves Escoffier et Erwan Leroux étaient positionnée à 4h30 à 12 milles de l'arrivée. Le trimaran avance actuellement à près de 11 noeuds. Il devrait couper la ligne devant Puerto Limon aux alentours de 5h30, heure française.

Extraits de la conférence de presse de Crêpes Whaou !

Quelques instants après leur arrivée à Puerto Limon et après un accueil particulièrement festif et chaleureux, Franck-Yves Escoffier et Erwan Le Roux se sont prêtés au jeu des questions des journalistes français et costariciens à l’occasion de la traditionnelle conférence de presse. Retour sur les propos des vainqueurs en Multi50.

Quels ont été les temps forts de cette Transat Jacques Vabre 2009 ?
Franck-Yves Escoffier : « Les temps forts de cette course ? On va commencer par l’arrivée parce qu’avoir une arrivée comme celle-ci avec un tel accueil est extraordinaire. On a eu des accueils sympas mais ici à Puerto Limon, entre le feu d’artifice, le monde sur le quai... C’était un grand moment.
Le départ est aussi quelque chose d’intéressant. Il y a toujours ce petit taux d’adrénaline qu’il faut avoir quand on est compétiteur. Je crois qu’on a pris le meilleur départ en Multi 50 d’ailleurs. Il y a eu un moment fort hier également, quand on a failli retourner le bateau. Ca n’était pas drôle. J’en souri maintenant mais rétrospectivement je me dis qu’on n’est pas passé loin. Erwan qui est plus jeune que moi a dû me freiner à certains moments.
Erwan Le Roux : « Il y a eu des moments forts sur l’arrivée et au départ. Le chavirage d’Actual a été un moment fort, particulièrement déstabilisant. Mais je crois que le moment le plus fort a été le bord de reaching qu’on s’est fait sur l’Atlantique. C’était fabuleux, le bateau volait sur l’eau. C’était magique.

Nous vous êtes-vous pas un peu ennuyés faute de concurrence ?
Franck-Yves Escoffier : « En 2002, j’avais propose à mon partenaire d’aller sur le Vendée Globe. J’avais fait du Figaro et du Tour de France à la Voile. J’avais vraiment envie de courir avec des pratiquants de la monotypie. J’ai donc décidé de faire du Multi 50 et de tout faire pour lancer cette classe. On était sur le point de réussir à la faire décoller, avec de nouveaux arrivants. Malheureusement, ces deux nouveaux bateaux ne sont pas à l’arrivée. On a manqué un peu de concurrence mais il ne faut pas oublier Guyader pour Urgence Climatique. C’est un équipage très bon. En multicoque on n’a rien à leur apprendre. Ils n’ont pas encore les finances pour faire un bateau comme Crêpes Whaou ! et je leur souhaite de trouver. J’espère qu’avant que je ne quitte cette classe, il y aura une vraie flotte de bateaux comme le notre.
Je veux aussi rappeler que faute de concurrence en Multi 50, l’objectif a été de se dire qu’on avait de quoi jouer avec les Imoca et arriver avant eux. Nous nous sommes bien battus pour ça.

Quels sentiments avez-vous éprouvé à l’arrivée ?
Erwan Le Roux : « C’est toujours un moment très émouvant de retrouver sa femme et sa petite fille. Cette arrivée est l’aboutissement d’un projet. Elles l’ont  subi toute l’année et je veux vraiment les remercier de supporter mes absences.
On ne s’attendait pas à un tel accueil. Quand on arrive de la mer, on ne voit pas ce qu’il se passe. Cette arrivée était magique, tout ce monde, toute cette musique. Ca restera certainement  longtemps un grand moment.

Quels ont été les moments les plus difficiles ?
Erwan Le Roux : « Il y a eu des moments difficiles pour les passages de perturbations, quand on est allé chercher les fronts à trois reprises. Après un passage de front, la mer est chaotique, énorme. Le bateau souffre beaucoup et on souffre avec lui. Ce sont toujours des moments très difficiles.

Crêpes Whaou ! est un bateau neuf qui disputait sa première transat, à l’arrivée il ne semble pas avoir subit beaucoup de dégâts. Qu’en est-il vraiment ?
Erwan Le Roux : « Le bateau a souffert. Extérieurement il n’y a pas grand-chose, c’est surtout intérieurement. Le moteur n’a pas tenu et c’est le seul gros souci que nous avons rencontré. Dans les grosses dépressions, il s’est désolidarisé de la coque. C’est un gros souci qui aurait pu se terminer très très mal. Pour le reste, ce ne sont que de petites choses

Franck-Yves, pouvez-vous dire un mot sur Erwan ?
Franck-Yves Escoffier : « En 2005 j’avais embarqué mon fils aîné. Il fallait trouver quelqu’un qui soit un peu de la même trempe que Kevin, avec qui je puisse m’entendre. Quelqu’un qui travail sur un bateau, qui s’investit, il me semble normal de lui proposer de naviguer ensuite, c’est la carotte. Je connaissais peu Erwan avant qu’il n’intègre mon projet. Je n’avais navigué qu’une seule fois avec lui aux Antilles. Mais j’aimais son côté peu bavard et je savais que c’était un très bon barreur. Je ne suis pas très calé en informatique, je suis un ancien pêcheur ! Je suis un autodidacte, Erwan également mais il est très performant en informatique. Ca s’est très bien passé ave Erwan. On ne peut pas gagner une course comme ça, en ayant cravaché comme on a cravaché ces derniers jours sans s’entendre très bien.

Erwan, un mot sur Franck-Yves ?
Erwan Le Roux : « Franck-Yves est quelqu’un que j’ai appris à connaître et c’était fabuleux parce j’ai appris plein de choses avec lui en mer. C’est un grand marin. J’ai pris beaucoup de plaisir à naviguer avec lui et je suis prêt à repartir avec lui sans aucun problème".

Prévisions de Météo Consult

Mercredi 25
Avec le déplacement de la dépression vers l’ouest, les vents commenceront à faiblir un peu en mer des Caraîbes en prenant plus de droite. Ils s’orienteront principalement au secteur est pour 20nds au nord du golfe de Panama, et 10 à 15 nds près des Antilles. Pour les multicoques dans l’arc Antillais, l’alizé restera assez faible mais très instable, et de secteur est dominant.

Jeudi 26
Les vents continueront de faiblir en mer des Caraibes pour une vitesse moyenne de 15nds. Ils devraient néanmoins s’orienter davantage à l’est-nord-est. Cette journée marquer           a l’arrivée en soirée et nuit du groupe emmener par W Hotels. Le temps restera toujours très perturbé et orageux près de l’arrivée.

Vendredi 27
Les conditions générales de vent en mer des Caraibes ne devraient guère évoluer, sous l’influence de centres d’action quasi-stationnaires.

Samedi 28 et Dimanche 29
Pour l’arrivée des derniers concurrents, le vent modéré pourrait tourner au nord-est près du golfe de Panama. Les conditions de temps resteront très perturbés près de l’arrivée.

Extraits de la conférence de presse de Safran

Quelques instants après leur arrivée à Puerto Limon, Marc Guillemot et Charles Caudrelier Bénac ont donné une conférence de presse. Morceaux choisis...

Marc Guillemot : « C’est une victoire qui s’est faite sans la main de Thierry Henry, ça il faut vraiment le souligner c’est très important ! (rires). Ca m’a vraiment touché de voir ma femme débarquer en première sur le bateau et en même temps elle sait bien que quand j’arrive il me faut un petit temps pour atterrir. Je suis content qu’elle soit à bord, je suis content que tout le monde soit là mais je suis encore dans ma course et dans mon trip, mais qu’elle se rassure, je vais atterrir bientôt !

Cette victoire est géniale pour tous ceux qui ont passé énormément de temps sur ce projet, les gens de Safran, les architectes et toute mon équipe : tout ce monde qui s’est investit avec beaucoup d’intérêt et beaucoup de passion. Cette victoire est vraiment formidable. C’est génial, on avait dit qu’on reviendrait pour faire mieux qu’en 2007, c’est fait ! Ca n’a pas été facile, c’était un gros travail sur le bateau, ces bateaux sont exigeants, on le sait mais on n’a pas molli, on a fait une bonne paire avec Charles pour maintenir le rythme, on a réussi à maintenir  ceux qui était derrière et ça me fait vraiment plaisir.  On est allé jusqu’au bout du bout, on n’a jamais molli, on en a bavé, on est vraiment content. C’était une grande transat, par sa longueur et par le niveau des compétiteurs, l’acharnement de chacun pour la gagner et donc la victoire sera d’autant plus belle à savourer par la suite.

Les moments les plus difficiles c’était aujourd’hui : à chaque fois que nous étions sous les grains, sous les orages, sous la pluie, sans vent, on imaginait Kito et François avec leur Vache qui Rit dévaler les pentes à 25 nœuds alors que nous étions collés à 3 ou 4 nœuds, c’était hyper dur pour le moral. Jusqu’à une heure avant la ligne on était très inquiet. Mais le principal c’est qu’on arrive devant.

Marc Guillemot : « C’était la course la plus difficile de ma carrière. Il y a eu plusieurs moments difficiles notamment au passage de la Guadeloupe, de Marie Galante. On a éclaté un spi et c’était vraiment une voile superbe. On était très inquiet pour la suite car on savait que pendant toute la mer de Caraïbes, on aurait à  l’utiliser. Il y a eu un grand moment d’inquiétude et on s’est dit que la course allait peut être se jouer à ce moment là.

On ne pouvait pas donner de coup d’oeil dans le rétroviseur dans la dernière heure dans la mesure où on ne savait pas où il était. La seule chose qu’on savait c’est que toutes les périodes où on n’avançait pas on savait que lui avançait toujours. On n’osait pas imaginer de voir cette course pour laquelle on s’était bien battu nous échapper. A certains moments on la voyait s’échapper sans vraiment pouvoir réagir. C’est dur pour le moral, dans ces moments difficiles il faut rester combatifs et c’est toujours plus facile de rester combatif quand on est deux.

Cette course était dure pour plusieurs raisons. La première c’est qu’il y avait beaucoup de bons bateaux au départ, de bons équipages. Les conditions étaient également particulièrement difficiles ainsi que le rythme de la cours et le fait d’être à deux. Avec des duos assez semblables d’un bateau à l’autre, en tous les cas pour ce qui est du bateau qui nous suit. Nous avons le même bateau et à peu près le même équipage ; des skippers qui ont un peu de bouteille et des co-équipiers plus jeunes, issus de milieu figariste. Ca fait des duos intéressants, assez exigeants. Le fait d’être avec quelqu’un de plus jeune motive, il ne s‘agit pas de se laisser dépasser par les évènements, du coup c’est difficile physiquement. Le fait qu’il y ait eu beaucoup de changements météo a entraîné beaucoup de changements de voiles et beaucoup de travail pour essayer de ne rien laisser filer et de garder le bateau en phase avec ses polaires, c'est-à-dire ses vitesses de prédilection. Ca veut dire que c’est exigeant, besogneux. Ca joue sur le repos et forcément sur la fatigue. Quand on sait qu’on joue la gagne ça vaut le coup.

A chaque course, tout le monde change évidemment et s’adapte au niveau situation. J’ai fait mon Vendée Globe, il a été particulier pour moi et forcément tout ce qui m’est arrivé sur ce parcours autour du monde m’a appris beaucoup de choses et forcément je suis arrivé sur la Transat Jacques Vabre avec peut être une autre vision des choses que sur la dernière édition. Aujourd’hui je suis certainement différent d’il y a  deux et dans deux ans je dirais certainement la même chose. C’est le cours du temps.

Depuis deux ans, Charles et moi avons fait des parcours un peu différents et on a forcément plus de maturité dans l’exercice qu’on pratique qu’il y a deux. On est arrivé tous les deux au départ de cette Transat Jacques Vabre avec un enrichissement d’expériences nouvelles depuis deux ans qui nous a forcément aidé à nous projeter dans la victoire sur cette épreuve.

Forcément au départ il y avait tellement d’équipages qui non seulement voulaient la gagner mais en étaient aussi capables. On se situait aussi dans les gens qui en avions envie mais on savait que ce serait difficile et exigeant pour tout le monde. Ce qu’il fallait c’était ne pas s’emballer dès le départ et rester serein. Lorsqu ‘on a décidé de partir avec quelques autres dans l’ouest pour aller chercher cette dépression on y est allé serein, en ayant confiance en notre bateau et notre maturité.

Charles Caudrelier Bénac : «  Au passage de la ligne on s’est dit « on a réussi »,  certainement en correspondance avec la deuxième place de la dernière fois. On savait que se venger de la dernière fois serait dur.

Le stress m’empêchait de lâcher même épuisé. J’avais tellement envie de gagner cette course. Marc m’a impressionné physiquement. J’arrive à un âge où je commence à sentir que ma force physique peu baisser un peu. Avec 15 ans de plus que moi, Marc m’a vraiment impressionné.

Cette course a été dure parce qu’il y avait un inconfort permanent, on était tout le temps trempé. Il y a beaucoup de voiles à bord de ces bateaux et le choix est énorme. La manœuvre de chaque voile est compliquée. C’est la première fois que je me rends compte de l’exigence de ces bateaux et de la difficulté à les mener en solo. Tout ça plus la pression que nous a mis Kito…

Kito est capable d’aller très vite. François est hyper brillant ! Pour la première fois ils avaient le même bateau que nous . Pourquoi on est allé plus vite ? Peut être parce qu’on avait la niaque du premier. On les a toujours trouvé trop près et on était obsédé par eux. Ils n’avaient peut-être pas la même énergie que nous. Il faut qu’on discute avec eux. Il y a des moments où on allait plus vite, à d’autre c’était eux. On a fait une belle trajectoire mais on n’a jamais lâché ! »

Des places à gagner...

"Tout va bien : on est sous le soleil avec les embruns. On est au portant et il faut que l’on fasse attention aux vagues et aux grains. On pense d’utiliser le mode furtif mais, pour l’instant, on va surtout essayer de revenir sur Aviva. Je pense qu’on activera le mode furtif si on fait une arrivée regroupée (…). On est hyper content pour Marc et Safran. Charles est très talentueux et ils font un bon couple. Certes, on le savait que Safran et Groupe Bel étaient les bateaux le plus rapides, mais il faut aussi savoir bien les exploiter, comme eux, ils l’ont fait. Je suis content de notre course, mais j’aimerais tout de même gagner une ou deux places, surtout pour remercier Akena Vérandas, qui me suit depuis longtemps. Dès le départ on savait qu’on était 14 bateaux et que le niveau était particulièrement relevé : chaque place vaut cher.

L'hommage de Bilou

"Ça va… avec du vent, fort et au portant ! Ça nous rapproche de Puerto Limon, mais on a encore du travail. Le vent est très instable : il monte et il descend. S’il y a quelqu’un pour qui je suis content, c’est sûrement Marco. Il a fait un super parcours sur un super bateau et vu la carrière du bonhomme, cette victoire est largement mérité.

L'ascension de Victorien

« Hier on a récupéré le gennaker : on a failli l’abimer. Il y avait trois mètres de vagues et je suis monté en haut du mât, c’était compliqué. J’ai dû y rester une vingtaine de minutes parce qu’il y avait aussi une petite réparation à faire. J’ai pris pas mal de coups sur les bras et les jambes. Lalou a commencé à être sérieusement menaçant. Loïck et moi, nous sommes issus du haut niveau en catamaran de sport. Et quand l’on sait utiliser bien gérer un petit bateau, on est capable de faire la même chose avec des plus gros. Dès le début, on a décidé de ne pas tenter le diable et on a choisi de ne pas amener notre bateau dans de grosses perturbations.

Lalou à l'attaque

"Je n’ai rien envie de lâcher : je veux continuer à agacer Victorien (rires). Toutefois dans la molle il est plus rapide… Mais cela n’empêche qu’on continue à se faire plaisir et à se battre. Cette année, on a des nouvelles voiles et on a beaucoup travaillé sur le bateau : le fait d’être au contact est rassurant. Ce n’est même pas la peine de penser de réussir à faire face à Crêpes Whaou ! Mais on peut certainement tenter notre chance contre les autres compétiteurs. Il y a une différence de vitesse entre mon bateau et celui de Frank Yves mais il faut le dire : ils ont su arriver où ils sont, parce qu’ils n’ont pas fait d’erreurs et ils ont choisi le bon parcours.

Tickets gagnants

Avec l’arrivée de Crêpes Whaou ! en Multi 50 et Safran en IMOCA, la Transat Jacques Vabre tient enfin ses deux vainqueurs de classe respectifs. Si la hiérarchie n’a pas été longue à se dessiner en multicoque, la batille des monocoques fut de toute beauté. Mais dans les deux cas, la victoire consacre des tandems où la complémentarité des compétences le dispute à l’estime réciproque des uns envers les autres. Kito de Pavant et François Gabart (Groupe Bel) sont, quant à eux, en approche immédiate de la ligne d’arrivée qu’ils devraient franchir aux alentours de 18h30, heure française. Plus à l’arrière, les places sont chères.

On a beau dire que la victoire justifie tous les choix que l’on a pu faire, force est de constater une étrange similitude entre les portraits des vainqueurs respectifs de  cette Transat Jacques Vabre 2009. Même assemblage d’un navigateur d’expérience qui, plutôt que les académies de la course au large, a forgé son palmarès en baroudeur et d’un collègue plus jeune, talentueux, garant d’une certaine rigueur et d’une certaine forme de méthodologie… Même partage des compétences et même osmose, permettant à chacun de se nourrir des apports de l’autre. Ce n’est pas Achille et Patrocle ou Montaigne et la Boétie, ils n’iront pas forcément partager des tranches de vie en dehors de celles qu’ils ont engagées à bord ; pourtant leur partition présente l’harmonie d’une chanson de Simon & Garfunkel… C’est Franck-Yves Escoffier, expansif et volontiers prêt à la discussion a bâtons rompus qui raconte Erwan Le Roux, plutôt taiseux, discret mais d’une efficacité redoutable, quand l’autre se fend d’un simple mot pour dire à quel point son co-skipper est un grand marin… C’est Marc Guillemot qui ne cesse de répéter à quel point la présence d’un coéquipier issu de la filière Figaro était stimulante quand Charles Caudrelier rend hommage à l’énergie de son skipper de près de quinze ans son aîné… Comme quoi, le secret d’une réussite tient parfois à des alchimies plus complexes que celles qu’on pourrait imaginer à première vue… Et l’on pourrait aussi gloser sur le même mélange des genres, parlant de l’équipage de Groupe Bel qui a su établir une connivence évidente entre deux marins de profils en apparence fort dissemblables.

Le grain de sable

Ce qui fait que la victoire sourit aux uns et non aux autres tient parfois à peu de choses. Il y avait, au départ de cette Transat Jacques Vabre, un plateau exceptionnel de qualité. Les circonstances de course ont fait, qu’au final, certains ont pu décrocher la victoire, quand d’autres en sont réduits à se battre pour des places d’honneur. Quelques petits coups tactiques ou stratégiques pas suffisamment anticipés, une volonté plus grande d’être « sur la bête » aux instants cruciaux, la soif de vaincre… C’est peut-être un peu tout cela qui fait, qu’on se présente ou non sur la ligne en triomphateur. C’est parfois un grain de sable qui décide du sort d’une course : un virement de bord à contretemps, une avarie mineure qui impose une escale, les raisons sont nombreuses. Il est toujours facile, après coup, de tirer des enseignements définitifs, mais tous les navigateurs savent qu’il faut aussi parfois un petit coup de pouce du destin. Entre l’état de grâce et le doute, la frontière est parfois ténue.

En tout état de cause, cette édition a couronné deux beaux vainqueurs. Franck-Yves Escoffier milite depuis suffisamment longtemps pour le développement des multicoques de 50’ pour qu’on ne rende pas grâce à sa ténacité. Il a su par ailleurs s’allier les compétences d’un alter ego parfaitement complémentaire avec qui ils ont construit un projet commun de qualité. Marc Guillemot, quant à lui, rêvait d’un parcours où ses qualités de compétiteur pourraient être mises en exergue, après un Vendée Globe d’exception, mais dont l’aventure humaine avait occulté la performance sportive. Il a choisi le parti-pris de la fidélité en repartant avec Charles Caudrelier, son coéquipier de 2007 qui, fort de cette victoire commune, va pouvoir s’atteler à son objectif personnel : rejoindre Marco, Kito et tous les autres pour tenter lui aussi l’aventure du Vendée Globe.

Conférence de presse de Groupe Bel

Sitôt arrivés, Kito de Pavant et François Gabart se sont prêtés au jeu de la conférence de presse pour un moment chargé en sourire et en bonne humeur. Extraits

Kito de Pavant : « Je suis très très fier d’arriver second derrière Marc Guillemot et Charles Caudrelier Bénac. Ils ont été excellents du début à la fin. Ils n’ont pas fait d’erreur et ont eu une trajectoire magnifique. Ils ont surtout un super bateau. Je peux le dire parce qu’on a un bateau semblable. Ils ont fait peu d’erreurs. Si on arrive derrière eux c’est qu’on en a fait un peu plus.

C’est bien de partir avec des jeunes pousses du Figaro mais il ne faut pas partir avec n’importe qui. J’ai fait le bon choix, un très bon choix. François a été fantastique. Il a été impérial de bout en bout. Il a démontré qu’il avait beaucoup de talent et il n’a pas fini de nous en montrer dans les années à venir. Il a exécuté avec beaucoup de talent tout ce que je lui demandais.

François Gabart : « Ce qui est sûr c’est que j’ai eu beaucoup de plaisir de naviguer avec Kito. C’est très agréable de naviguer avec quelqu’un d’expérience quand on arrive dans des endroits comme la mer de Caraïbes ; j’avais l’impression que c’était son jardin. On se complétait très bien, avec des approches différentes et complémentaires. Humainement ça a été un régal. J’apprécie beaucoup Kito et c’est vraiment un plaisir d’être avec lui.

Kito de Pavant : « J’ai trouvé que l’Atlantique était particulièrement difficile. On a pris d’autant plus de plaisir à partager ces moments par l’intermédiaire de nos écrits. Pour nous c’était agréable et un vrai échappatoire que d’envoyer des messages à terre.

« Je crois qu’aujourd’hui c’est la journée de Vincent Lauriot Prévost  avec les trois bateaux qu’il a dessiné aux premières places. En Imoca Guillaume Verdier  et Vincent ont produit des supers bateaux. Quand on s’est lancé dans la construction de Groupe Bel, le choix de ces architectes était audacieux parce qu’ils n’avaient pas d’expérience commune en la matière. . On partait d’une page blanche et aujourd’hui on colore le port de Puerto Limon avec ces beaux bateaux.

François Gabart : « Les bateaux sont sacrément solides et si parfois ça casse c’est qu’on va dans des endroits pas vraiment raisonnables. Ce démâtage sur le Vendée Globe pour Kito n’était pas loin derrière. Ca se sentait et il y avait pas mal de stress quand on a abordé la dépression. Aujourd’hui ça soulage beaucoup de monde que le bateau soit là, en entier, sans aucun souci. Il y a une équipe technique qui a fait un très gros travail derrière. Pour moi qui n’ait fait que naviguer sur le bateau, leur travail a été un régal.

« Je suis ouvert pour avoir mon bateau à moi ! Je ne le cache pas et le dit déjà depuis pas mal de temps. J’ai toujours dit que le Vendée Globe me faisait rêver. Le plus vite ça arrivera, mieux ce sera. Je me régale à bord de ces bateaux. Les navigations à bord sont très complètes, il y a plein de choses à penser. J’espère vraiment embêter Kito le plus tôt possible ».

Kito de Pavant : « je pense que François va très vite faire son trou dans ce petit milieu. Il a fait une entrée fracassante en Figaro et à chaque fois qu’il touche quelque chose, c’est la victoire à la clé. C’est pas mal pour un petit jeune et on n’a pas fini d’entendre parler de lui ! »
Revenir en haut
Publicité




MessagePosté le: Mer 25 Nov - 11:06 (2009)    Sujet du message: Publicité
PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    barreursvirtuels Index du Forum :: Les Régates Réelles. :: Toutes les Infos sur les Régates Réelles. :: Transat Jacques Vabre. Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Portail | Index | créer forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2018 phpBB Group Traduction par : phpBB-fr.com 
Original Sosumi theme by Kevin Knopp :: Adapted for phpBB by Scott Stubblefield